samedi 18 mars 2017

Logan

Logan : Dernier ride pour Wolverine ! Un final à la hauteur de son héros.




En 2029, les mutants ont presque tous disparu. Logan, autrefois connu sous le nom de Wolverine, est devenu chauffeur de limousine et s'occupe en secret du professeur Charles Xavier. Ce dernier est malade. Il ne parvient plus à contrôler son pouvoir correctement. Seuls des médicaments permettent d'endiguer les crises.
Un jour, une jeune femme aborde le mutant pour lui demander son aide. Fatigué, vieillissant et malade, Logan refuse. Elle le retrouve et lui explique qu'elle doit gagner le Dakota du nord avec sa fille, Laura pour la protéger. Alors qu'il accepte, il retrouve la femme morte.
Il va devoir s'occuper de Laura qui n'est pas une simple jeune fille. Mutante, elle est pourchassée par ceux qui l'ont créée.
Traqués, Logan, Charles et Laura vont se découvrir et se révéler lors d'un périple sauvage.


Wolverine est de retour pour un film enfin digne de lui !


Dans un futur (ou timeline) où les mutants sont devenus des "légendes", la survie est des plus difficile pour ceux qui ont des habiletés particulières.
Logan, qui semble être celui du post X-men 3/ Wolverine le combat de l'immortel, est au bout du rouleau. Il cache le professeur qui lui aussi n'est pas en grande forme.
C'est alors que leur passé les rattrape. Les tests sur les mutants reviennent sur le devant de la scène.
Alors que l'industrie cherche toujours à créer une armée de soldats parfaits, les créatures veulent vivre librement.
Entre un Wolverine fatigué, un professeur qui est un danger ambulant et une petite mutante qui cache bien des secrets, la course-poursuite pour arriver en terre-promise sera semée d'embûches.


Avec ce film, on trouve enfin une oeuvre à la hauteur de son fameux personnage.
C'est la neuvième fois qu'il apparaît au cinéma et pas une seule fois on avait un réel aperçu de ce qu'il pouvait réellement être (peut-être dans X-Men Days of future past....).

Dans Origine, il était fade, on comprenait pourquoi il était amnésique et pourquoi il s'est fait implanté l'adamantium. Mais c'était un bébé, loin de l'être complexe qu'il est dans les comics.
Dans Wolverine le combat de l'immortel, il est complètement à côté de la plaque et bien que son acteur s'en tire pas trop mal, on a plus un film d'action policier qu''un film de super-héros/mutants.
La saga X-men nous donne un personnage qui se fond dans la masse avec la quantité de mutants. Mais bien qu'il sache tirer son épingle du jeu, il n'est pas aussi présent que l'on aimerait. Il n'y a que dans la saga reboot, X-men Days of future past où l'on a un Logan posé, mais tenace et qui se bat réellement pour les siens.


Avec Logan, Wolverine n'est plus, mais la bête n'est pas loin. Et c'est avec ses dernières forces qu'il rentre dans la bataille et part sauver, tel un repentant, la nouvelle génération de mutants.

Sous la forme d'un film quasi post-apocalyptique ou d'un western moderne, on assiste à la conclusion de 17 ans d'un des personnages les plus emblématiques des comics.


C'est un dernier ride, une dernière course, le bout du chemin pour Wolverine. Et quelle aventure.


Violent, on sent qu'ils ont voulu rendre hommage à la bête. Parce quand elle se réveille, elle ne fait pas dans la dentelle. Et quand Wolverine sort les griffes, Logan n'épargne personne !
Il est interdit aux moins de 12 ans, j'aurais même monté la barre jusqu'aux moins de 16 ! Il y a du sang et des larmes. Beaucoup ! Et certaines scènes peuvent choquer.



Mais au-delà de ça, on a un hommage à la famille, à la vie et ce qu'il y a de beau à la vivre.

Logan, bien que s'occupant de Charles comme de son père, se sent seul. Et isolé, il rêve de paix, de calme, mais la vie ce n'est pas ça et le boomerang (bim référence australienne !) revient toujours en pleine pomme ! C'est avec l'arrivée de Laura qu'il va reprendre un certain goût à la vie et prendre le chemin qu'il a tant tardé à retrouver.

Laura, elle, sera la bouffée d'énergie, de vie et de pureté (malgré tout) qu'il fallait à notre héros pour retrouver ses origines.


Chaque personnage est une métaphore d'une partie de la vie. Tel un triskèle ou un triquetra pour ceux qui connaissent, on a la jeunesse, la maturité et la sagesse de chaque période. On a l’énergie, les muscles et le cerveau. C'est un tout qui est complet et permet un équilibre parfait.


Épuré, le film ne s'alourdit pas de choses et références inutiles. Il se suffit quasiment à lui même.
Bien sûr, on voit les liens avec l'univers, mais on pourrait presque le regarder sans savoir ce qui s'est passé avant.


Ce n'est plus un film d'action, c'est au-delà, c'est un film hommage mais aussi une conclusion parfaite pour Wolverine.


La réalisation de James Mangold (Walk the Line, 3 h 10 pour Yuma, Night and Day...) n'est pas parfaite, mais elle donne à la fois des moments de pureté, de tendresse et des moments de force et de rage.


La musique de  Marco Beltrami (Warm Bodies, World War Z, The Homesman...) est belle, discrète par moment, explosive à d'autres, elle sait rendre hommage à chaque émotion ressentie par Logan et ses amis.


Côté casting :

Hugh Jackman (Le Prestige, Les Misérables, Prisoners...) est James « Logan » Howlett alias Wolverine. Mutant aux pouvoirs guérisseurs et au squelette recouvert d'adamantium, il est vieillissant, Ses pouvoirs s'affaiblissent et son alcoolisme augmente. Il protège Charles qui a aussi des problèmes de santé. Mais la venue de Laura va tout remettre en question. La retraite qu'ils s’apprêtaient à prendre sera bouleversée par un road trip pour échapper aux traqueurs. Après une méga dépression, un regain d'énergie lui donnera un nouvel objectif ! Aux griffes Wolfie !
Jackman reprend son rôle pour la neuvième et ultime fois. Aucun autre acteur n'a autant interprété un personnage que lui. Et aucun ne l'a autant fait évoluer. On l'a vu passer par tous les stades pour arriver à cette forme parfaite du mutant épuisé physiquement et psychologiquement. Il a perdu foi en tout ce quoi il croyait. La petite Laura sera la clé de sa rédemption. Jackman est parfait. Il n'y a rien de plus à ajouter. De la forme à ses émotions, il aura su amener Logan tout au long du chemin. Personne d'autre ne pourra le remplacer ! Il est le présent.




Patrick Stewart (Dune, Excalibur, Star Trek : La Nouvelle Génération...) est le professeur Charles Xavier. Il est l'un des mutants les plus puissants qu'il soient. Mais avec l'âge et la maladie, ses pouvoirs se dérèglent et il devient dangereux. Logan le protège. Charles rentrera en contact avec Laura et permettra de créer un lien entre elle et Wolverine. Il fera en sorte que ce dernier retrouve un peu de son humanité perdue.
Stewart aussi est parfait dans son rôle de professeur mourant. Il a la sagesse de reconnaître ce qui ne va pas chez son ami et ce qui lui manque. Comme lui, il ressent le besoin de réparer les dégâts qu'il a causés. Et son amour inconditionnel pour le genre humain et sa foi en l'avenir lui permettront d'ouvrir un nouveau chemin. Tout comme son pote Hugh, ce sera sa dernière interprétation du Professeur. Il est le passé.



Dafne Keen (The Refugiees) est Laura Kinney, l'arme X-23. Jeune fille issue de manipulations génétiques, elle s'est échappée pour pouvoir vivre libre et non être une arme au service d'une entreprise ou d'un gouvernement. Elle retrouvera Logan pour qu'il l'aide à se sauver.
Keen est une jeune actrice très prometteuse! Elle nous offre une performance remarquable en mutante qui n'a pas eu de vraie éducation à part tuer. En rage, elle apprendra au contact de Logan et du professeur ce qu'est une famille et ce qu'est la vraie vie. Elle est le futur.




Boyd Holbrook ( Les Brasiers de la colère, Les Âmes vagabondes, Gone Girl...) est Donald Pierce. Membre d'une organisation qui a travaillé sur la mutation, il est à la recherche de Laura et n'hésite pas à tout faire pour la trouver. Violent, avec une main mécanique, sans scrupules, il cherchera les mutants sans regarder aux conséquences.
Holbrook nous offre un personnage antipathique au possible. Assoiffé de revanche sur ces créatures différentes, il n'hésite pas à menacer des innocents pour arriver à ses fins. Grimé de façon pseudo loubarde caillera, il ne passe pas inaperçu et en impose face à un Wolverine sur le déclin !




Au total, on a une parfaite conclusion pour un des mutants les plus forts. Sobre dans sa présentation, c'est un film qui claque et qui permet de donner une belle fin à des personnages auxquels on tient.
De nouveaux personnages aussi arrivent et ouvrent des possibilités sur un futur différent.
Rédemption, sagesse, tendresse et combats se mêleront pour offrir un final exceptionnel !

Merci Mr Jackman pour ces 17 années et 9 films !




A vos tickets !



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mardi 14 mars 2017

John Wick : Chapitre 2

John Wick : Chapitre 2 : il ne fallait pas réveiller le croque-mitaine.




Alors qu'il a assouvi sa vengeance contre les russes qui avaient tué son chien et pris sa voiture, John Wick pensait pouvoir tourner la page et se remettre à la retraite qu'il aspire tant.
Mais c'était sans compter sur un ancien partenaire en affaires auprès de qui il a contracté une dette.
Obligé de la régler; il se voit contraint de retourner travailler. Il reprend son rôle de tueur à gage le plus féroce.
Seulement, on ne peut contrôler le Croque-Mitaine. Et attention à ceux qui essaieraient de se jouer de lui...


La légende est de retour !


Après un premier opus qui a cartonné, on retrouve un John Wick en très grande forme.

Dans le premier volet, cet ancien tueur à gage avait raccroché les poings et les flingues par amour pour une femme.
Quand elle décède d'une longue maladie, elle veut qu'il se raccroche à une autre âme pour ne pas rester seul dans les ténèbres. Elle lui offre alors un chiot. Mais alors qu'il se fait voler sa voiture, les bandits tuent son chien.... Il sort alors de sa retraite et va faire le ménage à sa façon pour récupérer sa voiture et se venger.


Bien que le pitch soit assez pauvre, on a un film qui est détonnant. Aussi punchy que pouvait l'être les meilleurs films d'action des années 90, le dynamisme et le minimalisme en font un très bon divertissement.


Dans le deuxième volet, on reprend juste après le premier. Il fini de faire le ménage chez les russes et récupère sa voiture. Il a prit un nouveau chien (moins fleur bleue et plus à son image....) et espère enfin retrouver la paix.


Mais son passé le rattrape et une vielle dette resurgit.
Alors qu'il prévient son détenteur de ne pas le faire revenir, l'autre lui fait sauter sa maison.
Il retrouve le directeur de l'hôtel qui lui rappelle les règles de l'organisation. On honore toujours ses dettes (sous peine de mort) et on ne verse pas de sang à l’hôtel Continentale.
Mais qu'une fois sa dette payée, il pourra faire ce qu'il veut pour se venger.

Et quand on embête le grand méchant loup, il faut s'attendre à un retour de crocs !


Avec un scénario un chouilla plus poussé (mais de peu hein !!!), on retrouve un héros en très grande forme malgré les blessures et les combats.
Ce nouvel opus nous en apprend un peu plus sur ce qui a conduit John Wick à prendre sa retraite et comment fonctionne l'organisation pour laquelle il travaillait.
C'est intéressant de voir comment le fonctionnement de cette table des 12 permet de faire cohabiter les plus grands malfrats et mafias !


Question action, on est sacrément servi !
Les combats sont encore plus nombreux et plus réalistes ! Beaucoup de balles mais aussi de corps à corps !
C'est fluide et plutôt bien filmé !

Le tout en fait un très très bon film d'action. Pas besoin de beaucoup réfléchir et toutes les pièces du puzzle se mettent en place sans réfléchir.

Chad Stahelski, qui a réalisé le premier volet, reprends les commandes et monte le niveau d'un cran.
Il tient la barre et offre un film à la hauteur du précédent voire même meilleur !


La musique du film est signé Tyler Bates (300, Watchmen, Les Gardiens de la Galaxie...). Aussi dynamique que les images qu'elle accompagne, elle souligne l'action et donne de l'ampleur au tout.

Côté casting :

Keanu Reeves (Matrix, Point Break, Little Buddha) est John Wick. Ancien tueur à gage, il reprend du service pour régler une dette. Mais sa vengeance n'est jamais très loin et il ne faut pas chercher la petite bête à celui que l'on surnomme le croque-mitaine.
Reeves est parfait dans se rôle d'homme fatigué mais aussi tenace et têtu. Machine de guerre, il peut même tuer avec un crayon à papier !!!! Il nous donne un John plus menaçant que jamais et qui ira jusqu'au bout de sa mission, qu'elle soit commandée ou pas !
Un grand retour pour cet acteur que j'adore !


Riccardo Scamarcio (To Rome with Love, À vif !, Dalida...) est Santino D'Antonio. Fils de l'ancien chef de la camorra. Il est le créditeur de John. Il va lui demander de régler sa dette. Bien que ce dernier le prévienne, il insiste en détruisant sa maison. Le retour de bâton n'est pas loin....
Scamarcio a la tête de l'emploi et fait parfaitement le mafiosi qui a soif de pouvoir. Mais il n'est pas assez intelligent pour ne pas réveiller John Wick !


Ian McShane (Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence, Blanche-Neige et le Chasseur, Hercule...) est Winston. Directeur de l'hôtel Continentale, il est de bon conseil et un vielle ami de John. Mystérieux et très puissant, il aime que les choses soient faites dans les règles.
Mc Shane aussi a la tête de l'emploi et nous donne un homme tout en carrure et qui en impose sans trop en dire.


Ruby Rose (Orange Is the New Black, xXx: Reactivated, Resident Evil : Chapitre final...) est Ares. C'est la garde du corps et femme à tout faire de Santino. Muette, elle sera une adversaire redoutable pour notre retraité!
Rose en impose pas mal dans ce monde de testostérone ! Elle arrive à se faire une place avec son petit gabarit ! Rien que pour ça on peut la féliciter !


Laurence Fishburne (Matrix, Mystic River, Man of Steel...) est The Bowery King. Grand manitou des rues de New-York, il est très puissant parce qu'il a créé son propre réseau et arrive à tout savoir tout le temps. Il sera un atout pour John Wick.
C'est la grande réunion Matrix tant attendue par les fans. Même si rien ne va dans ce sens là, Fishburne reste une figure paternelle et apporte ses conseils. Mais un équilibre s'est trouvé et les petits moments entre les 2 acteurs offrent, avec un certain régal, une relation d'égalité et de respect. C'est drôlement chouette !



Au total, on a une suite à la hauteur de son prédécesseur même meilleure. En effet, avec un scénario un chouilla plus poussé et des scènes d'action explosives, ce film est un pur divertissement d'action qui vous permet de passer un bon moment de cinéma !


A vos tickets !


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mercredi 8 mars 2017

Split

Split : Le pouvoir de la pensée sur le corps.... une évolution.




Claire fête son anniversaire avec toute sa classe, dont sa meilleure amie Marcia et la marginale de l'école, Casey.
Quand la fête est finie, le père de Claire propose de les ramener. Mais sur le parking, les 3 adolescentes se font enlever.
Elles se réveillent dans une cave et se rendent compte que leur ravisseur a un comportement étrange.
Il se trouve qu'il est atteint de trouble dissociatif de l'identité. Le corps de Kevin abrite 23 personnalités.
Les adolescentes vont devoir faire preuve de sang-froid et d'intelligence pour arriver à survivre. Car elles sont destinées à la Bête.


Quand l'esprit prend le pas sur la matière. L'évolution n'est pas loin.


Kevin est un jeune homme qui vit avec 22 autres personnes en lui-même. Cela va de l'artiste, à l'enfant, à une femme rigide et un homme aux tocs prononcés. Mais ces personnalités en conflit par moment souffrent et se protègent les unes les autres.
Car le trouble dissociatif de l'identité est souvent lié à un traumatisme important dans l'enfance. Et pour protéger la personnalité première, tout un tas d'autres apparaissent, permettent un "état dissociatif" qui soulage la principale.
C'est la différence avec la schizophrénie qui est une maladie psychique avec une perte du contact avec la réalité, des délires et des modifications de la pensée, du langage et du comportement. Les patients sont souvent incapables de faire la distinction entre la réalité et leur propre perception des événements. C'est une psychose. La personne n'est donc pas consciente de son état, alors que dans les troubles dissociatifs de l'identité, les personnalités sont conscientes (peut être pas toutes) de la présence des autres. (Pour la schizophrénie regardez Black Swan de Darren Aronofsky).

La théorie avancée ici amène une évolution du corps avec les personnalités. La matière change avec l'identité qui est dans la lumière. Une est diabétique, les autres pas. L'une est très forte, les autres pas. Jusqu'à une totale métamorphose du corps qui rend les choses au delà de ce que l'on a pu imaginer jusque là.


Il avance une autre théorie qui a son importance. Les brisés sont les plus forts. Ce sont eux qui peuvent évoluer, se transformer.
Kevin est une victime, il a subi beaucoup de malheurs et pour se protéger, il a changé.
Son esprit s'est transformé pour faire face. Il s'est multiplié !
A l'opposé, Casey, autre personnage important, s'est renfermée.
Alors qu'on en apprend un peu plus sur son passé, on comprend pourquoi elle s'auto-exclut de la société. C'est son propre bouclier.
L'un comme l'autre cherche à échapper à un passé douloureux et évolue à sa façon (l'une de l'autre diamétralement opposée!).
Là où le corps est devenu plus fort grâce à la dissociation, l'esprit l'est devenu par la solitude.
Casey est plus sensible et se servira de ce qu'elle a appris enfant pour tenter de se sauver.


M. Night Shyamalan (Le 6ème sens, Incassable, Signes...) nous offre un nouveau film sur la puissance de l'esprit et ce qu'il cache. Déjà abordé dans d'autres mais pas de la même façon (psychisme, hallucinations, courage ou manipulation et même surnaturel !) il se penche sur le côté sensible et ce qui permet de survivre quand notre corps a été agressé.
Au-delà des perceptions et de la différence, c'est l'acceptation de soi et des autres qui permet de grandir et d'évoluer.
Ces personnes abîmées ne cherchent qu'à s'épanouir et à être comprises, reconnues. Et c'est représenté par la psychiatre de Kevin et ses potes, le Dr Karen Fletcher.

Le scénario est très bon. L'histoire est menée avec minutie et a un rythme soutenu. On se prend au jeu et au-delà de l'ambiance pesante et de la claustrophobie régnante, on a aussi une curiosité pour ce que cache Kevin et pour l'histoire de Casey.
Il n'y a pas de temps mort, Le montage est génial et permet à chaque moment, chaque histoire de s'assembler comme un puzzle.


La réalisation de M. Night Shyamalan est parfaite. Il remonte la pente des quelques derniers films un peu (beaucoup) bancals qu''il a pu faire (ne vous brûlez pas la rétine avec After Earth, merci).
Il sait mettre en avant certains plans qui peuvent paraître sans importance, mais qui après quelques scènes trouvent leur place et leur sens.

Le musique du film est tout aussi bien. West Dylan Thordson (Foxcatcher, Joy...) nous donne des morceaux à la fois angoissants et pulsants. Il maîtrise très bien les moments clés.


Côté casting :

James McAvoy (Le Dernier Roi d'Écosse, Reviens-moi, X-Men : Le Commencement...) est Kevin Wendell Crumb, mais aussi Dennis, Patricia, Hedwig, Barry, Jade, Orwell, Heinrich, Norma, Goddard, Bernice, Polly, Luke, Rakel, Felicia, Ansel, Jelin, Kat, B.T, Samuel, Mary Reynolds, Ian et Mr. Pritchard... Alors qu'il a eu une enfance atroce, il a développé ces personnalité adjacentes pour se protéger. Certaines ont une idée: La Bête va venir et prendre son dû. Il veut de impurs. C'est alors que Dennis va kidnapper les jeunes filles. La lutte entre des groupes de personnalités pour avoir la lumière le perturbera plus qu'il ne doit. Il luttera pour faire ce qui est juste (quoi que ce soit).
McAvoy est juste extraordinaire. Il a fait un travail énorme de posture et de modulation de sa voix pour donner vie dans le même corps à tous ce personnages. Il est bluffant. Il passe de la sensibilité à la rage et donne toute une gamme d"émotions en quelques battements de cils. Impressionnant.





Anya Taylor-Joy (The Witch, Morgane...) est Casey Cooke. Adolescente marginale, elle est seule et se rebelle contre les profs pour aller en colle. Mais cela cache quelque chose. Et quand elle est enlevée, son passé et ses souvenirs vont lui permettre de communiquer avec quelques personnalités de Kevin. Son empathie et son intelligence seront ses meilleurs atouts.
Taylor-Joy nous offre un personnage fragile et reclus qui va finir par se réveiller au contact du danger. Son évolution sera différente de Kevin, l'exact opposé. Mais aussi un complément. Elle joue très bien ! A suivre.


Betty Buckley (Wyatt Earp, Simplement irrésistible, Phénomènes...) est le Dr Karen Fletcher. Elle est la psychiatre de Kevin. C'est la seule à accepter Kevin dans sa totalité, avec toutes ses personnalités. Figure matriarcale, elle tente de l'aider à gérer son trouble depuis des années. Aimante et attentionnée, elle veut pouvoir aider le plus de personnes possibles. Ses recherches vont dans le sens de l’évolution que présente Kevin. Elle est sa bouée de sauvetage.
Buckley est une autre pièce maîtresse dans cet univers. Elle est le lien entre les personnalités et une vie sociale. Elle n'est pas le lien avec la réalité, mais permet à Kevin de garder un certain contrôle. Elle veut par dessus tout l'aider et lui prouve qu'elle croit et qu'elle le trouve extraordinaire.
Elle sera d'une tendresse et d'une grande justesse.


M. Night Shyamalan joue aussi un petit rôle surprise !


Au total, on a un film fort, intriguant, complexe et angoissant. Shyamalan a su revenir au top niveau en nous donnant une oeuvre qui explore les personnes brisées et leurs personnalité.
Tout en étant un film ancré dans le réel, il s'ouvre aussi vers le surnaturel et la fiction en y mettant quelques touches et idées à la limite de notre réalité.
Curiosité et intrigue surmonteront la peur et l'appréhension.
Courrez-y !

A vos tickets !


PS : La toute dernière scène du film est très importante ! Elle change toute la portée du film ! Elle offre une nouvelle ouverture et suit un autre film ! Mais comme je ne veux pas spoiler il va falloir que vous alliez le voir ! Sinon on peut en parler en commentaire !


Bande annonce ;